Hausse des tarifs de l’Adeps : plutôt que de faire payer les clubs, pourquoi ne pas réduire le nombre de ministres, députés et collaborateurs ?

Publié le 09/01/2026

À la suite de l’annonce de l’audit commandé par la ministre des Sports Jacqueline Galant et réalisé par KPMG sur le fonctionnement de l’Adeps (un audit d’environ 180 pages qui a tout de même coûté 322.000 euros), je m’inquiète des choix qui seront posés sur la base de ce rapport, notamment au regard des arbitrages budgétaires déjà actés.

Selon les éléments publiés, l’audit ne pointe aucun dysfonctionnement majeur, mais formule des recommandations, notamment sur le service aux usagers, sur la structuration/centralisation de l’offre et sur la lisibilité et visibilité des « produits Adeps » pour le public. 

Or, dans le même temps, lors de l’examen du budget 2026, le gouvernement a acté des mesures qui pèseront directement sur le terrain, dont une augmentation des tarifs des stages sportifs Adeps dès 2026, estimée à environ +10 %. Ces hausses, combinées à l’augmentation des tarifs de location d’infrastructures, auront des conséquences directes pour les clubs, associations, bénévoles et familles. Une fois encore, ce sont les utilisateurs finaux qui paient l’addition. Les clubs ne peuvent pas être la variable d’ajustement systématique des politiques publiques.

Cette inquiétude rejoint le constat posé à Bruxelles : les communes et les clubs se retrouvent en première ligne lorsque les décisions politiques créent de l’incertitude ou reportent les charges sur le terrain. En fin d’année 2025, la RESAB, le réseau des échevins bruxellois avait déjà alerté sur une situation jugée critique pour des clubs face au blocage des subsides régionaux dédiés aux clubs sportifs.

J'ai d'autres suggestions : réduire le nombres de ministres, députés et collaborateurs

Face à ces constats, j'appelle à un changement d’approche : plutôt que de faire porter l’effort budgétaire sur les utilisateurs et les clubs, il faut prioriser d’abord les économies structurelles et l’amélioration du fonctionnement. Si des économies doivent être réalisées, elles doivent l’être là où elles ne compromettent pas directement l’accès au sport et la vitalité du tissu associatif. J’ai, d’ailleurs d’autres suggestions : réduire le nombre de ministres et de députés aux Parlements bruxellois et wallon, réduire le nombre de collaborateurs, supprimer le financement de collaborateurs pour les ex-ministres, supprimer les indemnités complémentaires des députés. Des propositions portées par le parti Lib·res.

Par ailleurs, je souhaite que les échevins des Sports de l’ensemble de la Fédération Wallonie-Bruxelles soient associés à la présentation du rapport d’audit de l’Adeps et à ses recommandations puisqu’ils sont les premiers interlocuteurs des clubs et des acteurs de terrain. Ils voient chaque jour les difficultés concrètes auxquelles ils sont confrontés. 

Enfin, je rappelle que les décisions prises aujourd’hui engagent l’avenir du sport de proximité pour de nombreuses années. Entre la pression budgétaire, la hausse des coûts et l’incertitude institutionnelle, le risque est réel de voir s’effriter un modèle fondé sur l’engagement bénévole, la proximité et l’accessibilité.

Le sport n’est pas une dépense accessoire. C’est un investissement social, éducatif et de santé. Il est temps de cesser de faire payer les acteurs de terrain et de construire, avec eux, une politique sportive à la hauteur des enjeux.